Mélanie Wency

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Derniers instants au Paradis

Nuage

Mon regard se perdit dans l’aube naissante qui annonçait le début d’une nouvelle mission. Elle allait bientôt s’éveiller de ce sommeil qui perdurait depuis sa naissance, ce n’était plus qu’une question de temps avant que son âme s’active… Je serais présent dans cette épreuve pour la protéger et la guider vers le Paradis, où était sa place. La réussite de cette mission était capitale, j’en avais conscience et je n’échouerais en aucun cas. Il m’était impensable qu’elle tombe entre leurs mains et mon supérieur avait été très clair sur ce point.

Je fus tiré de mes réflexions par l’étreinte d’une Ange dont la peau tiède diffusa la chaleur dont j’avais tant besoin. Je ne manquais en rien de courage, mais quitter le sentiment de volupté dont baignait le Paradis ne m’était jamais agréable. Je mourrais déjà d’envie de remonter et de lui faire découvrir l’éternel magnificence de ces lieux.

— Quand pars-tu ?

Je lui adressai mon plus beau sourire avant de déposer un baiser sur son front. Pour toute réponse, je dépliai mes ailes et plongeai En-Bas.

***

Des mots une histoire


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Kraft-moi

Angel Awareness DayLa perfection divine avait touché l’homme qui me regardait de ses yeux azurs dans lesquels je me noyais. Allongée sur le sable chaud d’une île paradisiaque, je souriais bêtement en caressant du bout des doigts les plumes immaculées qui composaient ses immenses ailes. Un ange se penchait au-dessus de moi…

Jusqu’à ce qu’un changement radical, sans une once de logique, sonne la fin de ce moment de bonheur. L’ange se redressa et son visage ce fit dur :

— Tu dois te rendre au supermarché Casino afin d’acheter un paquet que tu emballeras dans du papier kraft. Si tu remplis cette mission, je resterais éternellement à tes côtés. Qu’en dis-tu ?

Hébétée, j’acquiesçai de la tête face à cette conception étrange du couple, de l’amour, où je ne sais quoi. Puis, une chose improbable se passa ensuite. L’être de lumière reprit sa place au-dessus de moi pour… me souffler dans les cheveux !

Je grognai suite à cette agression et commençai à me débattre. J’entendis alors un bruit sourd ainsi qu’une plainte. J’ouvris les yeux. Je me trouvais dans la chambre conjugale, mon prince-pas-charmant se tenant le nez. Un éclair de lucidité me traversa l’esprit, je venais de comprendre son petit manège : ce dernier voulait m’arnaquer sans scrupule… aucun !

— Foutaise ! dis-je en réponse à l’ange, sous les yeux stupéfaits de mon homme.

***

Des mots une histoire

Des mots, une histoire


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Au travers des regards #6

Des mots une histoireDes mots, une histoire n°106

Des mots, une histoire

L’idée est simple : il faut écrire une histoire avec des mots imposés.
Voici les mots donnés :  soulagement – soupirer – souci – bois – source – senteur – génie – cafetière – grain – arôme – lavande – mauve – embaumer – momie
Les mots sont en gras dans le texte !
Je me lance donc dans l’écriture d’une histoire fantastique à découvrir au fil des ateliers (j’aime cette idée de retrouver mes nouveaux compagnons pour plusieurs séances d’écriture !).
Je vous souhaite une bonne lecture.

Au travers des regards – chapitre 2/suite

Je soupirai, mais mon soulagement fut de courte durée. Je sursautai lorsqu’un grincement raisonna jusque mes oreilles. Immédiatement, je me saisis de l’épée de la créature inerte et la pointai vers la porte. Un homme pénétra, tirant un autre zombie par le peu qui lui restait de cheveux. D’un geste, il l’envoya rejoindre l’autre momie. Mon appartement était à présent embaumé de senteurs cadavériques, j’aurais tout donné pour du spray à la lavande. Mais j’avais d’autres soucis, comme celui sur lequel je posai mon regard. Je le reconnus aussitôt et mon sang se glaça dans mes veines.
— Ne vous approchez pas de moi, le menaçai-je en armant mon bras.
L’un de ses sourcils s’éleva et un air amusé se dessina sur son visage. Ses yeux parcoururent mon corps dans une caresse de feu, ravivant l’adrénaline de plus belle.
— Daemon, qu’est-ce que vous foutez ici ?
— Ça me parait simple pourtant, je t’ai suivi jusque chez toi, répondit l’intéressé en m’envoyant un sourire carnassier. Mais, un petit conseil pose cette épée avant de te blesser…
— Vous m’avez suivie ? hoquetai-je de stupeur. Mais c’est quoi votre problème ?
En deux pas, il fut à ma hauteur et m’arracha l’épée des mains sans que j’aie le temps de bouger.
— Mon problème, c’est toi. Il ne faut pas traîner, ils vont bientôt revenir à la vie, nous n’avons pas beaucoup de temps. Et je crois que l’un de tes voisins m’a vu arracher le cœur du Damné qui montait la garde devant ta porte.
Je le regardai, totalement ahurie par ses propos. Ce mec avait un grain !
— Vous lui avez arraché le cœur ? hurlai-je, la peur me submergeant.
— C’est le meilleur moyen pour s’en débarrasser, m’informa-t-il en faisait tranquillement le tour de mon appartement.
Un rire nerveux s’extirpa de mes lèvres et je reculai de quelques pas en arrière. Des choses étranges, j’en avais vu, tout comme j’avais vécu des évènements troublants pour le commun des mortels, mais là… ça surpassait tout ! Daemon s’appuya sur le comptoir en bois de la cuisine et me jeta un regard en coin avant d’afficher une moue perverse :
— Malgré que la vue ne soit pas aussi déplaisante que je le pensais, même très agréable, tu devrais songer à enfiler quelque chose pour sortir comme… un tee-shirt ?
Pour appuyer ses propos, il me désigna du doigt et je sentis une source de chaleur embrasser littéralement mon corps. Cela balaya le sentiment de terreur qui me gagnait pour laisser place à un autre. J’avais légèrement omis le fait que j’étais en sous-vêtement… et je n’avais pas opté pour le plus glamour ce matin, bien évidemment ! Des petites fleurs mauves, comme c’était mignon… Honteuse, et profondément gênée, je lui jetai un regard noir tout en m’enfuyant dans ma chambre.
— Prends quelques affaires, le strict minimum, m’ordonna-t-il.
Non, je ne rêvais pas. Ce psychopathe voulait vraiment que je le suive.


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Au travers des regards #5

Des mots une histoireDes mots, une histoire n°104

Des mots, une histoire

L’idée est simple : il faut écrire une histoire avec des mots imposés.
Voici les mots donnés :  Horloge – seconde – passer – temporalité – vraisemblance – éviter – apparence – simulacre – digression – parenthèse – péché-mignon – succulent – gourmandise – dragée – bêtise
Les mots sont en gras dans le texte !
Je me lance donc dans l’écriture d’une histoire fantastique à découvrir au fil des ateliers (j’aime cette idée de retrouver mes nouveaux compagnons pour plusieurs séances d’écriture !).
Je vous souhaite une bonne lecture.

Au travers des regards – chapitre 2

Telle une poupée de chiffon, une force déconcertante me passa vers à travers la porte devenue un trou béant. Ma peau s’écorcha sur le bois, mélangeant un cri de douleur à celui de stupeur qui sortait de mes lèvres. Je fus propulsée sur le sol sans ménagement, ma tête rencontra le carrelage froid dans un bruit assourdissant. J’étais étourdie, perdant toute notion de la réalité. L’instinct de survie prit le dessus, alimenté par l’adrénaline qui courrait dans mes veines, et je me remis sur pied afin de tenter de me sortir de cet enfer.
Je fis face à mon adversaire et le temps sembla s’arrêter, les secondes devinrent de longues minutes interminables. Mes yeux s’écarquillèrent et la peur me submergea, ébranlant mon corps devenu bien trop lourd pour mes jambes. Je ne pus pas même hurler, totalement tétanisé par ce que mon cerveau tentait d’analyser.
J’avais en face de moi le simulacre d’une humaine. Son apparence était si monstrueuse que je ne saurais la décrire, sa vraisemblance avec un zombie était fulgurante. Elle n’était plus qu’un animal féroce, dont le corps était parsemé de cicatrices la défigurant. Certaines parties de sa peau semblait avoir été brulés et, ce, récemment. Elle m’envoya un sourire mauvais qui provoqua un frisson remontant le long de ma colonne vertébrale.
Cela me secoua quelque peu et me fit retrouver un soupçon de lucidité. J’évitai mon assaillante en plongeant derrière le canapé, faible rempart qu’elle éventra d’un seul geste. Un éclair passa à quelques centimètres de ma joue, me poussant à me jeter en avant pour jauger la situation. La créature était armée d’une longue épée aux couleurs sombres et tachée de sang.
— Veut pas te tuer, juste t’emmener, me dit-elle d’une voix écorchée.
Cette information ne me rassura absolument pas, surtout qu’elle abattit son arme une seconde fois pour me pourfendre. J’attrapai l’horloge au mur et lui balançai afin de la freiner, juste le temps de trouver une échappatoire. Mais l’objet la percuta sans même la perturber en explosant en mille morceaux, comme si son corps était fait de béton.
Elle grogna et avec la rapidité d’un félin, se jeta sur moi, lâchant son épée qui tombait au sol dans un bruit métallique. Elle m’empoigna par les épaules, enfonçant ses griffes dans ma chair, et me plaqua contre la bibliothèque. Une odeur de fer souleva ma poitrine, augmentant l’insupportable douleur que je ressentais. J’attrapai derrière moi un livre de la bibliothèque et tentai de lui fracasser la tête avec. Mais malgré les coups et le sang qui s’échappait de son crâne, elle ne broncha pas, comme obnubilée par son objectif.
Alors que je pensais devoir suivre cet espèce de zombi, un livre lui tomba sur la tête, puis un autre, suivis d’autres encore, jusqu’à une énorme encyclopédie. Un bruit ignoble raisonna dans le salon, comme une pierre qui se briserait en deux, et une mare de sang se rependit au sol jusque mes pieds. Les mains de la femme se relâchèrent et elle tomba de tout son long. Je jetai un coup d’œil vers le haut, afin de me sortir de cette vue insoutenable et aperçus Marty sur la bibliothèque. Je l’avais tant réprimandé pour cette bêtise lorsqu’il montait là-haut pour faire tomber mes livres. Mais aujourd’hui, cela m’avait sauvé la vie…

Petite digression entre parenthèse : Marty souhaite vous dire ce qui lui ferait grand plaisir pour être récompensé… Son péché mignon est indéniablement les crevettes… Des succulentes crevettes épluchées et taillées comme des dragées. Pour cette gourmandise, il serait prêt à tout, même à vous sauver la vie en balançant vos livres préférés sur votre agresseur !

 


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Au travers des regards


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Vous pouvez retrouver dans cet article tous les chapitres du web-roman fantastique/bit-lit « Au travers des regards ».

Debbie est une jeune femme ordinaire, du moins, seulement en apparence. Il ne lui suffit que d’un regard pour percevoir vers quel côté votre âme balance… Pour elle, ce don représente une véritable malédiction. Mais pour certains, elle est une perle rare à posséder absolument. 

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Au travers des regards #4

Des mots une histoireDes mots, une histoire n°102

Des mots, une histoire

L’idée est simple : il faut écrire une histoire avec des mots imposés.
Voici les mots donnés :  talent – surprenant – conteur – phénomène – tempête – personnage – scène – décor – cimetière – éternellement – infini
Les mots sont en gras dans le texte !
Je me lance donc dans l’écriture d’une histoire fantastique à découvrir au fil des ateliers (j’aime cette idée de retrouver mes nouveaux compagnons pour plusieurs séances d’écriture !).
Je vous souhaite une bonne lecture.

Au travers des regards – chapitre 1/fin

J’armai mon bras et retins mon souffle. D’un bond, je m’extirpai du canapé et lançai l’ouvrage sur mon ennemi. Un bruit sourd résonna dans l’appartement ainsi qu’un cri animal très strident. J’avais manqué de peu ma cible, et j’en serais éternellement reconnaissante envers mon manque cruel d’adresse.
— Oh, mon Marty ! Comme je suis désolée.
Je courrai en direction du félin qui me crachait dessus avec colère et l’attrapai dans mes bras. J’écrasai son petit corps contre le mien en le couvrant de caresses. Il était complètement trempé, pas étonnant avec cette tempête qui s’était levée, déversant une pluie torrentielle. Un phénomène météorologique surprenant pour un mois de mai… C’était une véritable scène digne du célèbre Déluge, au moins !
— Mais qu’est-ce qui t’as pris de me faire une peur pareille ?
Gaga de mon chat ? Le mot était faible ! Il était mon compagnon depuis que j’avais emménagé ici. Marc me l’avait offert pour mes 20 ans et, depuis, nous étions inséparables. Je vous passais les diverses crises de Monsieur lorsque je devais me rendre à la librairie chaque matin…
Pour me faire pardonner, il eut le droit à double ration de croquettes et portion de crevettes. Et cet infini goulu n’en laissa pas une miette. Le ventre touchant quasiment terre, il partit se rouler en boule sur le canapé et s’endormit. Vraiment, la vie de chat me laissait rêveuse !
Je passais le reste de l’après-midi cloitrée à l’appart’ en compagnie d’un bon livre écrit par un conteur de talent. De toute façon, c’était la seule chose que je pouvais faire avec ce temps… Et ce n’était pas comme si j’avais des amis chez qui me rendre… Le seul que je possédais travaillait à cette heure-ci.
Encore embrumée par l’univers de l’auteur, il me semblait que le décor et les personnages avaient pris possession des lieux. Je rejoignis la salle de bain d’un pas hasardeux provoqué par l’effervescence dans mon esprit. D’un geste théâtral, je fis sauter le bouton de mon jeans, enlevai mon tee-shirt et allumai l’eau de la douche.
Mais je fus arrêtée dans mon élan par un Marty si hystérique que je ne le reconnus pas. Il se plaça devant moi, tous les poils ébouriffés, comme s’il comptait me protéger. Un bruit sourd provint du petit salon. Il ne me fallut que quelques instants pour comprendre que, cette fois-ci, il y avait bien un intrus dans mon salon. Et pour le coup, je n’avais absolument rien sous la main qui pouvait faire un semblant d’arme.
Je me positionnai à côté de la porte, et tentai de faire le moins de bruit possible. J’entendis de nombreuses choses tomber au sol et se briser. Puis un silence tomba sur l’appartement pendant ce qui me sembla durer une éternité. Jusqu’à ce qu’une force surhumaine traverse la porte et s’agrippe à mon bras, m’entraînant dans sa direction.


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Au travers des regards #3

Des mots une histoireDes mots, une histoire n°101

Des mots, une histoire

L’idée est simple : il faut écrire une histoire avec des mots imposés.
Voici les mots donnés :  capturer – image – son – évasion – alarme – danger – rouge – coquelicot – mesdames – messieurs – homme – faiblesse – âme – gris(e) – ombre – doute – métaphysique – collège – professeur
Les mots sont en gras dans le texte !
Je me lance donc dans l’écriture d’une histoire fantastique à découvrir au fil des ateliers (j’aime cette idée de retrouver mes nouveaux compagnons pour plusieurs séances d’écriture !).
Je vous souhaite une bonne lecture.

Au travers des regards – chapitre 1/suite

Mon alarme intérieure se mit immédiatement en marche afin de me mettre en garde du danger émanant de l’homme qui venait de quitter la librairie. Je ne parvenais plus à me détacher de l’image qu’avaient capturée mes yeux. Rouge… comme le sang. Je m’étais alors sentie dans une si grande faiblesse que mon âme en avait frémi, une grande inquiétude métaphysique m’avait frappée. Et je connaissais qu’un seul type de créature qui possédait un tel regard.
— Debbie ?
Le son d’une voix me tira de mes pensées sombres. Je me tournai vers un homme qui venait d’arriver et lui souris. Il s’agissait de Marc, le propriétaire de la librairie et donc mon patron. Mais il était une sorte de grand frère, celui que je n’avais jamais eu…
Cela faisait 4 ans que je travaillais ici et c’était grâce à lui si j’avais un semblant de vie normal. Je lui devais beaucoup et je ne l’oubliais jamais. Marc avait été professeur dans un collège de la capitale. Mais, un jour, il eut la folle idée de tout plaquer pour venir s’installer en Banlieue et réaliser son rêve : ouvrir une librairie. Cet homme d’une trentaine d’années était tout simplement d’une beauté incroyable, c’était comme si le temps n’osait tout simplement pas le marquer. Aujourd’hui, il portait une petite chemise coquelicot qui lui allait à ravir.
Il passa une main dans ses cheveux blonds et me sourit à son tour.
— Toujours dans les nuages, tu ne changeras pas. Je prends le relai, rentre chez toi, tu as l’air exténuée ! Est-ce que tu dors la nuit ?
— Toujours aussi mal, mais ça va, lui répondis-je en haussant les épaules.
Deux clients rentrèrent, les affaires reprenaient déjà :
Mesdames, Messieurs, dis-je en cœur avec mon patron.
Il se tourna vers moi et me tendit mes effets personnels :
— Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit !
— Promis.
— Bonne soirée, ma belle !
J’attrapai ma veste et mon sac puis quittai la librairie. Je n’habitais à quelques pas d’ici, le trajet serait donc court…

 Mon appartement se situait dans un vieil immeuble, c’était un petit deux pièces mais avec tout le confort nécessaire. Je m’écroulai dans le canapé en tissus gris et zappai sur les différentes chaines disponibles. Aux infos, on ne parlait plus que de l’évasion spectaculaire de deux prisonniers, ce qui commençait à m’ennuyer profondément. Quant aux autres chaines…
Une autre chose attira mon attention, je me relevai sur les coudes et jetai un œil à mon appartement. Tout semblait normal et, pourtant, j’avais la nette impression que l’on m’observait. Le doute fut levé lorsqu’une ombre se dessina sur le mur, derrière mon écran plat. Je retins mon souffle, attrapait un gros livre broché, seule arme disponible, et me préparait à me jeter sur un quelconque individu…


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Au travers des regards #2

Des mots une histoireDes mots, une histoire n°100

Des mots, une histoire

L’idée est simple : il faut écrire une histoire avec des mots imposés.
Voici les mots donnés :  désir – pulsion – résister – prison – promiscuité – voisinage – désespérant – politique – correct – politesse – éducation – limite – frissonner – chair – croquer – pécher – jardin – Empyrée
Les mots sont en gras dans le texte !
Je me lance donc dans l’écriture d’une histoire fantastique à découvrir au fil des ateliers (j’aime cette idée de retrouver mes nouveaux compagnons pour plusieurs séances d’écriture !).
Je vous souhaite une bonne lecture.

Au travers des regards – Chapitre 1/suite

Cent livres politiques rangés plus tard, je m’autorisai une petite pause afin de soulager mon dos en miettes. Je pensai alors à cette petite dame et à ce halo sombre. En réalité, je n’étais pas une fille comme les autres… Et c’était pour cette raison que je m’enfermais dans cette librairie, ma prison personnelle ou mon jardin secret en quelque sorte, où le voisinage était quasiment inexistant. Depuis toute petite, je pouvais entrevoir les âmes des êtres vivants et ainsi déterminer si elles étaient bonnes ou mauvaises. Du moins, c’était ce que j’en avais conclu suite à quelques mauvaises expériences. Lorsque j’y pensais, cela me donnait la chair de poule, et aucun remède n’existait à mon problème, à part celui de ne jamais regarder intensément quelqu’un dans les yeux…
Et c’était aussi à cause de ce damné « don » que je m’étais vite rendu compte que le monde n’était pas seulement peuplé d’humains… Oh, non !
Je fus de nouveau appelée à mon poste par la petite sonnette de la librairie. Un jeune homme, que je n’avais jamais vu jusqu’ici, pénétra alors. Il était d’une telle beauté que j’en frissonnai. Sa peau hâlée mettait parfaitement en valeur ses cheveux ébène et ses yeux sombres. Son polo noir soulignait une belle musculature saillante, tout comme son jeans, lui aussi couleur encre de chine.
Je dus résister pour cesser de le contempler et remballer au plus profond de moi les pulsions qui grandissaient au creux de mon ventre. Car cet homme était bien trop à croquer pour être un véritable humain !
Il me jeta un petit regard en coin, accompagné d’un sourire ravageur, avant de se diriger vers les étagères de la librairie. Puis, il revint sur ses pas pour s’appuyer nonchalamment sur le comptoir, tentant de chercher mon regard fuyard.
— Debbie, je présume ? me demanda-t-il d’une voix suave.
Je lui jetai un coup d’œil méfiant, ce type ne m’inspirait pas confiance, et j’avais une petite idée de sa vraie nature… Et j’avais envie qu’il sorte très vite d’ici. Cependant, je devais rester prudente et ne rien laisser paraître de mon don.
Correct, répondis-je froidement. Vous savez lire à ce que je vois…
— Ça tombe bien, nous sommes dans une librairie, répliqua-t-il avec un sourire carnassier aux lèvres. Damon, continua-t-il en me tendant sa main.
— Cessons toutes ces politesses, crachai-je afin de lui faire comprendre que je voyais clair dans son petit jeu. Qu’est-ce que vous voulez ?
— Bon, dit-il avec une lenteur extrême. Je suis à la recherche d’un livre, « Pécher en Empyrée ».
— Navrées, nous ne l’avons pas en stock.
— Commandez-le et je me ferais un plaisir de venir le chercher, m’ordonna-t-il, ses yeux noircissant davantage.
— Désolée, je ne peux rien pour vous.
— N’est-ce pas le travail d’une employée telle que vous ? Répondre aux désirs des clients ?
Il appuya nettement sur le mot « désirs » et se pencha vers moi. Cette soudaine promiscuité me fit monter le rouge aux joues provoqué par la gêne, mais aussi par le soupçon de colère qui montait en moi. Mais pour qui se prenait-il celui-là ?
— Et l’employée peut vous coller à la porte si cela lui prend ! lui répondis-je avec mépris.
— Vous êtes charmante lorsque vous vous énervez, Debbie.
Je le fusillai du regard, ce qui sembla l’amuser.
— Allez vous faire voir !
— Oh, mais quelle éducation ! C’est désespérant… Votre maman sait que vous jurez ainsi ?
Il venait de dépasser la limite à ne pas franchir… Mais, avant que je perde le contrôle de la situation, il tourna et talons et ouvrit la porte.
— J’ai à faire, mais je reviendrais chercher mon dû dans peu de temps. Ce fut un plaisir, Debbie.
Et avant de la refermer, il me jeta un dernier regard dans lequel dansaient des flammes rouge sang